vendredi, juillet 07, 2006

Vroum vroum la moto, en revenant de Nantes avec mes gros sabots (3)

Ce sera un peu comme à la radio ! Clin d’œil à peine voilé à Brigitte et Areski, ben oui quoi…. comme un voyage de la Bretagne à la Kabylie… en avant la zizique !

A Vanessa


Vanesse avait convié le Franckos à la radios pour son chaud chaud quotidien, ben voyons entre 6 heures et 9 heures du matin. Tu imagines le Bartos, un réveil qui lui éclabousse la trogne se disant : j’y va au studio de Nantes, landilalala landilalère, histoire de tester la province et ses embouts de voyages avec les caisseux qui se tirent le jus de leur pif entre deux accélérations à la bourre et deux retombées de circulation routière.
Résultat des courses, le Franckos en partance du club naturiste de la région qui se situait à quinze bornes du lieu dit, posé comme un paquebot quai François la Miteerrante, à peine une demi-heure plus tard garait sa tomos et débarquait presque frais et clair-obscur. Tu parles Japoto, à Paname, il aurait du faufiler son derche motorisé et jouer des coudés franches avant calanche. Même qu’un jour en partance pour la Bibliothèque Nationale François le premier des socialos, entre deux files, un motard starbé grave de chez le cave avait failli le fiche à terre parce que son allure était un parjure pour ce connard pressé. Que nenni au pays de Nantes, calmos et décontractos, rien de tel avant 7 heures de bon matin. Angélique que couic, si vous lisez la suite vous apprendrez qu’il n’en ai rien, la province rattrape la capitale de cheval.
Interphone des filtres et la porte cherra ! J’ai tout vu comme je vous l’écris, j’étais fourré dans son sac à dos et j’avais poussé le rabat de mon oxygène la gène. Un étage à pince et il entre. Une poupe de bateau avec derrière une charmante standardiste souriante et à main droite le studio tant espéré, toutes vannes ouvertes qui déverse ses torrents de paroles à la ville endormie : debout la dedans, ça va chier des bombecs, non mais sans dec ! D’autant, que la Vanesse veille depuis trois plombes à l’aube, elle révise et orchestre sa partoche. Comme quoi, comme à la radio digne de ce nom ne s’improvise pas les codas. Chaque seconde pèse de toute sa sonde et les minutes égrènent le turbin à la rime qui trime. C’est un sacré boulot cette affaire là ! C’est pas comme certaines radios pour jeunots qui se disent libres et qui jactent la parlote falote et passent le temps entre deux dégobillages publicitaires et autres falots fayots pour Cythère.
Sept heures tapantes, France Interne prend le relais des infos nationales et c’est la pause pour l’équipe des jacteuses et des jacteurs qui s’en vont griller une sèche sur le balcon. Vanesse reconnaît le Bartos et vas-y l’accolade fraternelle de la donzelle au donzon. Je ne suis même pas présentée. Ce sera pour l’estaminet. Mon cul sur la commode à la mode de chez nous que j’en perds pas une mouche à la louche de ce qui se dit ou se cause. Ce sera pour mon blog crade et chacun en prendra pour son grade. Non, mais je vais me générer, pour qui ils se prennent ces humanos fétides, non mais sans dec !
Elle dégage la Vanesse. Je connaissais sa voix ravissante. Je ne suis pas déçue du déplacement. Si j’étais un prince charmant, pour sûr que je lui serrai la pince et pas seulement. Elle est trop bath cette nana là.
On entre prudemment et on s’assoit sages comme des images sur de sièges prévus pour nos pauses terreurs. Vanesse aux commodos de son micro, l’écran de son ordi file bon train, tout est chronométré. A un moment, ouf ouf la touffe, y’ a un type qui cause qui cause trafic. Y connaît pas Jacques Tati, le rabougri qui s’échine à s’égosiller pas folichon. On voit que la Vanesse le supporte de tous ses pores, le mec ! Y’en a un autre qui interroge en direct un gars du pays et puis il y a la sauterelle qui se prend les pieds dans les câbles tellement elle est sérieuse dans le poste des infos. Je capte au passage un regard complice entre le technicien open et la Vanesse. Open, ça veut dire que désormais le metteur en scène des sons et des voix ne se cache plus derrière une vitre, il est présent avec toute l’équipe. Ils se signent, et que je te tire la chasse, ça veut dire, je crois : je t’écoute causer. Ils emploient tous les signes des sourds et muets à portée de voix. Faut suivre. C’est trop drôle. Et le clou du pestacle c’est le moment que Vanesse appelle la récré. C’est si vous voulez les questions pour un champignon aux auditrices et auditeurs. Dans le style passe ton bac d’abord : comment on dit oui en allemand ? Fortiche, non ! Ou bien quelle est la capitale du Land de Bavière mon frère ? Entre temps, la Vanesse toujours alerte cherche la traduction en breton sur la toile cirée de son écran. La veille au soir, elle avait interviewé un cousin du Québec, un certain Loup-garou qui gazouille avec des trémolos entre le chicots acérés. Pas vraiment le registre et encore moins le bock du Bartos. Y’a eu aussi un type qui est rentré frais et dispos avec une veste et rasé de près. Il est charrié grave, le cave. C’est bonnard, surtout qu’à la radio on se fiche de ce que tu portes sur la peau. Non, mais c’est pour vous dire, ces petits riens du tout qui fondent la complicité entre toute l’équipe. C’est du boulot la radio. Neuf heures, Vanesse s’éclipse et laisse la prochaine émission pour la rémission.
On va se jeter un kawa sur une place. Enfin, c’est pas trop tôt, le Franckos me présente à la Vanesse super cool et sympa.
Quand est-ce qu’on retourne à Nantes, je lui demande tout le temps au Bartos ? En attendant, j’écoute en direct depuis l’ordi entoilé la voix de Vanessa et je voyage au quart de tour.
Ici radio du pays de Nantes, j’ai du mal à me lever aux aurores de l’humanité, mais ça m’arrive. J’ai adoré comme à la radio. Chiche que peut-être quand le Bartos aura sorti son premier roman au mois d’août prochain, j’aimerais bien causer dans le poste, juste pour me marrer, maintenant que je sais un peu comment ça se passe en studio.

Merci Vanessa et continue de nous donner du rêve par ta voix et longues ondes à toi. Missdinguette te capte cinq sur cinq.

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